Ce 18 janvier 2023 le temps sur la région aixoise était pluvieux. On peut dire un temps presque idéal pour inaugurer le bassin des Biâtres dont Grand Lac est le maître d’ouvrage, situé à proximité du Petit Port d’Aix-les-Bains.
Beaucoup d’aixois, de promeneurs lorsqu’ils rejoignent le lac passent devant cette bâtisse « anodine » située à proximité de l’école de Choudy. Et beaucoup ne savent pas que ce bâtiment petit en surface, mais imposant sous terre, sert à dépolluer le plus grand lac de France lors des fortes pluies orageuses notamment.
L’inauguration avec coupure du ruban par Renaud Beretti président de Grand Lac,s’est faite à l’intérieur du bâtiment en présence de la sous préfète de Savoie Juliette Part, du président de l’agence de l’eau Laurent Roy, du vice président de Grand Lac Robert Aguettaz en charge de l’eau, de nombreux élus de l’agglomération et des agents du service assainissement et de différents service de la collectivité.
« Cette inauguration clôture un chantier colossal de 14,5 millions d’euros qui a pour objectif de réduire de 80 % la pollution dans le lac du Bourget lors des épisodes de fortes intempéries. Elle marque une date importante dans l’histoire de nos équipements. Il faut avoir une pensée pour le travail préalable réalisé par les anciennes équipes de Dominique Dord, Eudes Bouvier qui se sont beaucoup investies pour cet équipement. On n’imagine pas ce qui se passe derrière ces murs. C’est assez surprenants de voir cet immense bassin d’une capacité de 10 000m3, haut de 15m pour un diamètre de 36m! Cette opération s’inscrit dans une réflexion d’ensemble sur la protection du lac du Bourget. On parle de plus en plus de l’eau, une ressource à protéger. A l’horizon 2100 bien au dela de nos petites vies, protéger le lac c’est aussi protéger une réserve stratégique d’eau douce pour les générations a venir. »,précisait Renaud Beretti en ouverture. Zoom sur cet aménagement à vocation environnementale qui a été mis en service en octobre 2020.
Objectif environnemental : réduire la pollution des eaux du lac du Bourget
Avant la création de ce bassin, la station d’épuration d’Aix-les-Bains ne pouvait pas recevoir toutes les eaux usées en cas de fortes intempéries. Chaque année,la station d’épuration traite en effet 5 millions de m3, mais les eaux de pluie chargeaient le réseau d’eaux usées de 500 000 m3/an (l’équivalent de 90 jours de surverse), et finissaient par s’écouler dans le lac à cause du débordement des canalisations (pouvant aller jusqu’à 37 000 m3 d’eaux usées brutes surversées sur une journée). Ces eaux non traitées, chargées en phosphore, déséquilibraient l’écosystème du lac.
Grâce au bassin de stockage et de restitution des Biâtres, lors des épisodes orageux, 80 % de ces eaux usées sont stockées pour être renvoyées par la suite à la station d’épuration afin qu’elles soient traitées (86 % du phosphore présent est ainsi capté) puis rejetées directement dans les eaux mouvantes du Rhône, qui par son flux peut absorber ces rejets traités ce qui n’est pas le cas du lac.
Un bassin d’une taille supérieure à ce qu’imposait la réglementation
Localisé entre le Tillet et le chemin des Biâtres, cet immense bassin a une capacité de 10 000 m!
L’obligation réglementaire de réduire les volumes surversés en dessous de 5 % des volumes générés annuellement par le bassin versant, poussait Grand Lac à créer un bassin de 6 000 m3 seulement. Mais les élus ont souhaité aller au delà de l’obligation avec 10000m3 ! Un choix politique fort qui montre leur engagement environnemental.
Après deux ans d’exploitation par les équipes de Grand Lac qui pilotent aussi la station d’épuration, les résultats constatés viennent saluer ce choix :
réduction du nombre de surverses de 90 jours à 25 jours par an, réduction des volumes surversés de 500 000 à 115 000 m3/an en moyenne, abattement de 83 % des pollutions en phosphore.
L’Agence de l’eau a financé ce chantier à hauteur de 3,5 millions d’euros, tandis que Grand Lac a porté seul les 11 millions d’euros restants.
Signature du contrat de bassin versant du lac du Bourget
Ce mercredi 18 janvier dans la salle « Mur de Jéricho » du bâtiment de l’Horloge à Savoie Technolac,s’est déroulée la signature du 4eme contrat de bassin versant avec l’Agence de l’eau, pour une durée de 2 ans (2023 et 2024), en présence de Laurent Roy directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, Marie-Claire Barbier, présidente du CISALB ‘Comité Intercommunautaire pour Assainissement du Lac du Bourget) , Juliette Part sous préfète de la Savoie, Philippe Gamen président de Grand Chambéry, Renaud Beretti président de Grand Lac, Michel Delmas président du CEN Savoie, en présence de nombreux élus et de services.
En ouverture, Marie Claire Barbier rendait hommage à son prédécesseur Michel Dantin présent dans la salle et signataire du 1er contrat il y a tout juste 20 ans : « 25 ans après le 1er voyage à Paris de présentation de l’équipe qui a mis en œuvre ce 1er contrat et le présenter a l’agence de l’eau pour engager les démarches, peut être qu’au mois de juin 2023 on pourrait inviter le directeur de l’agence de l’eau de revenir sur nos terre pour fêter ce quart de siècle avec nous !
Grand Lac, Grand Chambéry marchent main dans la main sur toutes les questions du grand cycle de l’eau, nos agglo ont en charge également le petit cycle de l’eau pour nos citoyens. En 2022 on a parlé de pénurie d’eau sur notre territoire. Qui l’aurait cru alors que l’on a le lac, des zones humides, des nappes phréatiques importantes et de grandes sources. Sauf que ces sources se sont taries. Au coeur de la sécheresse, seules les nappes étaient là pour apporter cette eau nécessaire à la population aux entreprises. Il ne manquait plus qu’une pollution du lac !
Il faut donc vraiment avoir cela en tête. C’est pourquoi que depuis une vingtaine d’année, le CISALB mêne cette politique avec Grand Lac, Grand Chambéry et les 4 autres intercommunalités membres aussi du CISALB Grand Annecy, Rumilly Terre de Savoie, Coeur de Savoie et Coeur de Chartreuse pour se préparer aux changements climatiques en prévision des pollutions objet des premiers contrats, sécuriser l’approvisionnement en eau potable, en restaurant les rivières et les cours d’eau pour arriver à ce bon état et prévoir les changements climatiques à venir. L’objectif est de pouvoir ensemble poursuivre ce chemin et c’est le but de ce 4eme contrat signé aujourd’hui pour 2 ans avec 20 millions de travaux prévus ! »
Pour Renaud Beretti, ce 4eme contrat marque et souligne 20 ans de volontarisme et de politique ambitieuse pour l’eau cela mérite d’être souligné. Et je veux aussi rendre hommage à Michel Dantin un élu précurseur pour l’époque pour porter ce dossier. Le lac du Bourget était une priorité et 20 ans après sa restauration est une réussite grâce à un travail collectif. L’objectif porte désormais sur les zones humides et les rivières car la biodiversité fait partie de notre patrimoine.
Label UNESCO « Man and the Biosphere »
Il est fort possible qu’un dossier de candidature soit déposé auprès de l’UNESCO pour le label UNESCO « Man and the Biosphere » (MAB). Ce label vise à établir une base scientifique pour améliorer les relations homme-nature au niveau mondial.
Si nous l’obtenions, ce label permettrait au lac du Bourget d’être le 1er lac labelisé en Europe Occidentale. Il viendrait récompenser toutes ces générations au-delà même de cette vingtaine d’années, plusieurs décennies de travail pour la reconquête de la nature sur notre bassin versant. Grand Chambéry, Grand Lac et CISALB rament dans le même bateau et dans la même direction. Ce prolongement des efforts est partagé collectivement. »
4eme contrat pour 20 millions d’euros
Pour répondre à ces enjeux, le CISALB vient d’élaborer un 4ème Contrat de bassin versant avec l’Agence de l’eau, pour une durée de 2 ans (2023 et 2024) et pour un montant de 20 millions d’euros. L’Agence de l’eau s’engage sur un montant d’aides maximum de 6,4 millions d’euros.
Ce Contrat prévoit 11 millions d’euros de travaux pour restaurer 5,3 km de rivières et 15 ha de zones humides. Il flèche également plus de 5 millions d’euros sur la gestion de la ressource en eau.
Le bassin versant du lac du Bourget est engagé depuis plus de 20 ans dans une politique ambitieuse de gestion de l’eau et des milieux aquatiques et de prévention des inondations. Durant cette période, avec le soutien financier croisé de l’Agence de l’eau, du Département, de la Région et de l’Etat, le territoire a amélioré son environnement :
*Avec l’amélioration de l’assainissement des eaux usées domestiques et non domestiques, l’eau de nos rivières est de bien meilleure qualité.
*Avec une dizaine de kilomètres restaurée, les rivières ont plus d’espace pour la vie aquatique, moins d’obstacles à la migration des espèces et plus de diversité végétale et animale.
*Avec la restauration et la protection d’une centaine d’hectares de zones humides, le territoire garantit durablement tous les bénéfices de ces «poumons aquatiques», écrêtant les crues et soutenant les débits d’étiage des rivières lors des sécheresses.
*Avec des kilomètres de réseaux construits pour connecter les réseaux entre eux et puiser prioritairement dans les ressources en eau pérennes comme les nappes phréatiques et lac, le territoire continue de sécuriser son approvisionnement en eau potable.
Toutes ces actions doivent être poursuivies pour atteindre le « BON ETAT » et faire face au changement climatique qui s’opère. Notre résilience passe par des investissements mais également par des changements de comportements qu’il nous faut promouvoir.
